Source : Richard Chevalier (collaboration spéciale)

La Presse Actuel – 7, dimanche 7 juillet 2005

 

 

L’EXERCICE PRÉVIENDRAIT LES FRACTURES DE LA HANCHE

 

Selon les chercheurs britanniques, certains exercices pourraient prévenir les fractures de la hanche liées au vieillissement. Une bonne nouvelle quand on sait que ce type de fracture, en hausse depuis quelques années, entraîne un taux de mortalité de 10 à 40% dans l’année qui suit la blessure et, chez les autres, un taux d’incapacité permanente de l’ordre de 50%.

 

            Comment les chercheurs en sont-ils venus à cette conclusion? En étudiant la solidité des fémurs de 81 adultes morts subitement. Ouvrons une parenthèse ici. Le fémur est l’os le plus long et son extrémité supérieure s’articule avec l’os de la hanche pour former l’articulation du même nom. Or, quand on parle de fractures de la hanche, il s’agit, dans les faits, de fractures de l’extrémité supérieure du fémur. Fermons la parenthèse et revenons à nos chercheurs. Ceux-ci ont constaté que l’enveloppe de l’os, le cortex, s’amincit avec l’âge. Ainsi, l’épaisseur du cortex du fémur chez les femmes diminue de 6,4% chaque décennie, tandis que, chez les hommes, il y a aussi réduction, mais un peu moins prononcée.

 

            Cet amincissement de l’enveloppe du fémur réduit la quantité d’énergie que l’os peu absorber avant de se fracturer et causer une fracture de la hanche. Toujours selon les auteurs, cet amincissement se produit parce que les personnes âgées ont tendance à limiter leur activité physique à la marche, qui ne renforce pas le cortex du fémur.

 

            Les chercheurs ont constaté, en revanche, que cet amincissement ne survenait pas chez les singes qui vivent dans les arbres, peu importe leur âge. Cela serait dû au fait que ces bipèdes, bien proches parents génétiques de l’homme, passent leur journée à grimper aux arbres et à en descendre, une activité qui renforce le fémur, selon les chercheurs britanniques.

 

            Rassurez-vous : ces derniers ne nous proposent pas de remplacer la marche par la grimpée des arbres pour renforcer nos fémurs! Ils nous suggèrent plutôt d’inclure dans notre pratique de l’activité physique des exercices qui s’apparentent à celle-ci : pédaler sur un vélo de route ou un vélo stationnaire, pratiquer l’aviron sur l’eau ou en salle (rameur stationnaire), faire des extensions des genoux en levant des poids (squat), monter et descendre des escaliers, un banc (step) ou encore simuler le geste en s’entraînant sur un stimulateur d’escaliers (steppeur), voire jogger dans une côte.

 

            Mais, prudence scientifique oblige, les chercheurs précisent que d’autres recherches sont nécessaire pour confirmer l’efficacité de ces exercices. Rien ne vous empêche, cependant, d’inclure dans votre quotidien ce type d’exercices, car la recherche confirmera sans doute un jour la chose, comme elle l’a fait dans le cas des exercices pour les bras qui renforcent les os. Dans l’intervalle, vos fémurs en profiteront.

 

VOTRE INDICE DE MASSE CORPORELLE

 

            L’indice de masse corporelle (IMC) est une mesure valide de la relation entre le poids et la santé. Cet indice s’applique à presque tout le monde, sauf aux personnes âgées de moins de 20 ans ou de plus de 65 ans, aux femmes enceintes ou allaitant, de même qu’aux personnes très musclées, comme les culturistes. Pour déterminer votre IMC, vous devez connaître votre poids en kilos et votre taille en centimètre. Ensuite, vous utilisez la formule suivante : divisez votre poids par votre taille au carré. Supposons que vous pesez 70 kg et que vous mesurez 1.65 m. Votre IMC se calculera ainsi : 70/1.65x1.65=25.7.

 

Le tableau ci-dessous vous indique ce que signifie pour votre santé la valeur obtenue :

 

Catégorie de l’IMC

Signification

Risque de développer des problèmes de santé

18.5-24.59

Poids normal

Moindre

25.0-29.9

Excès de poids (embonpoint)

Accru

30-39.9

Obésité

Élevé à très élevé

40 et plus

Obésité extrême

Extrême

 

 

 

 

 

EMBONPOINT ET MAUX DE GENOUX

 

            C’est chose connue : un gain de poids important est associé à un risque accru de problèmes de santé (diabète de type 2, athérosclérose, hypertension artérielle, etc.).

 

            En voici un autre qui s’ajoute à la liste : plus vous faites de l’embonpoint, plus vous risquez d’endommager vos ménisques, ces cartilages en forme de demi-lune qui jouent le rôle d’amortisseur dans les genoux.

 

            Plus précisément, les personnes qui font de l’embonpoint courent un risque trois plus élevé d’endommager leurs ménisques que celles ayant un poids normal.

 

            L’embonpoint débute lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) est de 25 et plus (voir l’encadré pour calculer votre IMC).

 

            Les personnes souffrant d’obésité extrême (IMC de 40 et plus) courent, quant à elles, un risque de 15 à 25 fois plus grand que les personnes de poids normal! C’est ce que nous révèle une étude américaine[1].

 

            Pour arriver à cette conclusion, les auteurs ont comparé le poids de 515 personnes ayant subi une opération pour un ménisque endommagé avec celui de 9944 autres personnes vivant dans le même État américain.

 

            Ils ont constaté qu’il existait une relation directe entre la prise de poids et le risque d’endommager les ménisques.

 

            La solution qu’ils proposent? Je vous le donne en mille : perdre du poids!

 


[1] «Associations of Body Mass Index with Meniscal Tears» ; Gregory M. Ford et coll., American Journal of Preventive Medicine, mai 2205.

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