MAUX DE TÊTE… ET SI C’ÉTAIT UN PROBLÈME CERVICAL ?

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Que ce soit occasionnel ou fréquent, nous sommes nombreux à avoir déjà ressenti des maux de tête (céphalées). Si bien qu’on estime que la probabilité d’en être affecté au cours de sa vie est de 30 % à 68 %.

Malgré la forte prévalence de ces pathologies, une certaine méconnaissance persiste à leurs propos et l’on a tendance à croire qu’elles trouvent leurs origines au niveau du creux du crâne. Pourtant, un mal de tête peut avoir différentes causes et les responsables ne sont pas toujours ceux que l’on accuse en premier.

Jean Philippe Paquin est physiothérapeute depuis plusieurs années. Il a suivi de nombreuses formations en orthopédie ainsi qu’en thérapie manuelle et connaît bien ces problématiques. Dans cet article, il nous présente l’une d’entre elles et nous démontre que la cause du problème peut venir d’ailleurs.

La céphalée cervico-génique

Classée dans la catégorie des céphalées secondaires, la céphalée cervico-génique est l’un des maux de tête les plus fréquents. Elle fait partie des maux de tête qui ne sont pas occasionnés par un problème neurologique ou vasculaire (comme la migraine), mais par une pathologie extérieure à la tête. En effet, même si les douleurs se font généralement ressentir au niveau de la tête, leur origine se trouve principalement au niveau de la région cervicale (cou). Cette problématique va donc provoquer une douleur référée au crâne causée par l’irritation d’une articulation ou d’un nerf (souvent le nerf d’Arnold).

Généralement, la céphalée cervico-génique se manifeste par une douleur sur un côté de la tête. La douleur peut également être associée au cou, à l’épaule ou encore au bras. Elle sera différente en fonction des postures et des mouvements effectués.

N’importe qui, n’importe quand

Les personnes les plus touchées par la céphalée cervico-génique sont les victimes d’accident de la route ou les personnes ayant subi des traumas à la tête ou au cou. Cependant, cette pathologie peut aussi être associée à des événements ordinaires du quotidien comme le travail ou encore l’utilisation d’un téléphone intelligent.

Le travail de bureau

Les maux de tête d’origine cervicale se développent de plus en plus chez les employés de bureau. Une mauvaise ergonomie, une mauvaise posture ou encore le fait d’être en position assise pendant des périodes prolongées sont des facteurs de risque importants qui peuvent mener à des maux de tête.

L’utilisation de tablettes ou de téléphones intelligents

Les utilisateurs de tablettes ou de téléphones mobiles sont aussi touchés par cette problématique en raison de leur posture lors de l’utilisation de ces appareils. Une flexion du cou prolongée cause une pression au niveau cervical qui peut occasionner des maux de tête. Cela peut également survenir chez certains lecteurs.

Le stress

La céphalée cervico-génique est commune aux personnes stressées ou anxieuses. Les tensions musculaires, principalement situées au niveau du cou, et le fait de serrer les dents sont autant de facteurs qui peuvent contribuer à des maux de tête d’origine cervicale.

La physiothérapie : une solution efficace et durable

La physiothérapie peut jouer un rôle important dans le traitement de la céphalée cervico-génique, mais également dans sa prévention.

En premier lieu, il faut savoir que le professionnel de la physiothérapie peut, en évaluant la condition du patient, définir l’origine des maux de tête. Il sera alors en mesure de déterminer si l’origine est musculosquelettique et pourra définir s’il s’agit d’un cas de réadaptation ou d’un cas plus médical. Si le patient présente des symptômes neurologiques ou vasculaires, le professionnel de la physiothérapie sera en mesure de le diriger vers le professionnel de la santé le plus apte à le traiter.

De plus, le professionnel de la physiothérapie est également capable de déceler les facteurs aggravant la situation de son patient et de lui fournir des pistes pour améliorer celle-ci. Ces facteurs aggravants peuvent être associés à sa posture, ses habitudes de vie ou encore sa situation personnelle (stress et anxiété).

Le traitement

Lorsqu’un patient présente un problème d’origine musculosquelettique, le professionnel de la physiothérapie peut lui proposer un traitement adéquat. Dans ce contexte, les mobilisations et les manipulations articulaires sont prouvées comme étant très efficaces. Certaines techniques de relâchement musculaire, comme l’utilisation d’aiguilles sèches, sont aussi d’excellents moyens de traiter cette pathologie. De plus, certains exercices de mobilité et de renforcement au niveau du cou et de la région de l’omoplate peuvent s’avérer très utiles.

Dans quelques rares cas, certains patients devront voir leur professionnel sur une base régulière, pouvant aller de toutes les trois semaines à tous les trois mois. Ces visites permettront au professionnel de faire un suivi avec le patient et de s’assurer que ce dernier effectue ses exercices de manière adéquate. Il pourra aussi évaluer la pertinence du programme d’exercices et l’améliorer en cas de besoin.

La prévention et les traitements sur le long terme

Pour la prévention et les traitements sur le long terme (de six mois à un an), on recommande surtout des exercices de renforcement musculaire et de proprioception, qui réduisent les risques de récurrence. Ces exercices doivent cependant être effectués avec rigueur, même lorsque les symptômes ont disparu. Ils permettront de protéger et de renforcer la structure musculaire, ligamentaire et osseuse du patient.

Exercices pratiques

Avant d’entreprendre tout exercice, il est important de consulter un professionnel de la physiothérapie qualifié qui saura vous orienter sur les exercices adaptés à votre condition. N’hésitez donc pas à les consulter.

Voici cependant deux exercices que vous pouvez réaliser en toute sécurité afin de renforcer vos muscles du cou.

Bons réflexes
Que faire en cas de maux de tête ?

Même s’ils ne le sont pas tous, les maux de tête peuvent être potentiellement dangereux ; il est donc important d’être très vigilant. Le premier réflexe consiste à consulter un professionnel de la santé qualifié.

Si votre mal de tête est accompagné de symptômes neurologiques comme des engourdissements, des changements visuels, des changements sur le plan de la parole, des pertes d’équilibre, des pertes de conscience ou encore des pertes de mémoire, il est fortement conseillé de faire appel aux services ambulanciers pour se rendre à l’hôpital au plus vite.

Cependant, si votre mal de tête est isolé, c’est-à-dire qu’aucun autre symptôme ne l’accompagne, il est alors important de surveiller votre posture et d’essayer de cibler les facteurs qui aggravent la situation. Une fois ces facteurs identifiés, vous pouvez essayer de réduire les mouvements qui provoquent la douleur.

 

Jean Philippe Paquin est physiothérapeute à la clinique Physio Santé Drummondville et pratique depuis plusieurs années. Il a suivi de multiples formations en orthopédie et en thérapie manuelle et détient une maîtrise en thérapie manuelle de l’Université Western (Ontario). Il a également participé à une recherche sur l’efficacité des exercices pour les dysfonctions cervicales.


Veuillez noter que les informations proposées dans cet article représentent les opinions de professionnels de la physiothérapie reconnus pour leur expérience et leurs compétences dans le domaine. Ces propos ne doivent cependant pas être considérés comme une position officielle de l’Ordre sur un sujet donné.

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