Source : Emmanuelle Dudon, MD, FRCS(C)

 

Le bracelet épicondylien a-t-il un rôle à jouer dans la prévention de l’épicondylite?

 

L’épicondylite ou tennis elbow est une pathologie à laquelle le clinicien est très fréquemment confronté, mais dont le traitement s’accompagne de beaucoup de frustration. Le traitement essentiellement médical, est long et rarement efficace d’emblée. Même si pour la grande majorité des patients, les symptômes s’améliorent puis disparaissent en 6 à 12 mois, le clinicien se sent souvent peu utile.

 

            À l’ère où les mots coût-bénéfice sont sur toutes les lèvres, où on évalue l’importance d’une pathologie en termes de coût pour la société (absentéisme, traitement coûteux, CNESST), on est en droit de rêver à un moyen de prévenir une pathologie somme toute banale mais aux répercussions économiques importantes.

 

            Le traitement détaillé de l’épicondylite fera l’objet d’un autre article. Par contre, en matière de prévention, il faut retenir qu’il peut suffire à l’athlète de simplement changer ses techniques de travail ou de jeux et de modifier l’équipement (outillage, raquette, etc.) pour à la fois prévenir et traiter cette pathologie, comme le montre bien une série d’articles.

 

            Le bracelet épicondylien est beaucoup utilisé. On le trouve en pharmacie et il est vendu par des orthésistes. Son prix est très variable ainsi que sa qualité. Il s’agit en fait d’une bande de tissu coussiné d’environ cinq à six centimètres de large qu’on applique distalement à l’articulation du coude juste au niveau de l’origine commune des extenseurs (ou pronateur, selon la pathologie traitée), mais pas à leur insertion qui se trouve au niveau huméral.

 

            Les orthésistes disent qu’il «absorbe et disperse les forces, soulageant les stress infligés aux muscles de l’avant-bras».

 

            De nombreuses études ont porté sur ce bracelet. Elles ont montré une inhibition biomécanique et électrophysiologique des contractions des extenseurs des doigts et du poignet. On a évoqué un effet hydraulique également.

 

            Cependant, aucune étude n’a montré que l’utilisation de ces bracelets pouvait empêcher l’apparition de la pathologie. Son efficacité n’a été prouvée que pour le traitement d’une pathologie installée. Il est donc inutile de faire porter à tous les joueurs de tennis un bracelet ou à tous les travailleurs effectuant des tâches répétitives, de la même façon qu’une orthèse du genou n’empêche pas le skieur ou le joueur de football de se déchirer le ligament croisé antérieur.

 

 

 

            Retenez que les facteurs de risques sont :

 

-être âgé de plus de 30 ans

-utiliser une raquette avec une prise trop petite et au cordage trop tendu

-une surutilisation des extenseurs ou des pronateurs (mauvaise technique de frappe)

 

            Corriger ces défauts suffit dans la vaste majorité des cas à traiter la maladie, en particulier si ces mesures sont prises précocement.

LE BRACELET ÉPICONDYLIEN